L'éducation peut exiger le C2 de catalan de la part des nouveaux enseignants et des concours

L'obligation pour les nouveaux enseignants d'accréditer un niveau C2 de catalan – un niveau supérieur – est à nouveau en vigueur, après que le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) a levé les mesures conservatoires du décret 91/2024 sur le régime linguistique qui n'a pas été annulé en septembre par le même tribunal. Plataforma per la Llengua avait demandé la levée de la suspension sur les articles non concernés par le jugement, parmi lesquels l'exigence du C2 du catalan (ou aranais dans la Vallée d'Aran) ou le processus d'élaboration et de validation des projets linguistiques des centres. Le ministère de l’Éducation assure qu’il va désormais commencer à étudier « l’impact de la mesure ».

Le décret 91/2024 sur le régime linguistique du système éducatif non universitaire, approuvé en mai 2024, a été provisoirement suspendu en juillet, suite à un recours de l'Association des écoles bilingues (AEB), de sorte qu'il n'a jamais été appliqué. En septembre dernier, le TSJC s'est prononcé sur le texte du règlement, annulant 11 de ses articles, parmi lesquels ceux qui établissaient le catalan et l'aranais (dans le Val d'Aran) comme langues véhiculaires dans l'apprentissage et dans la gestion des centres.

Concrètement, le tribunal a annulé les articles qu'il considérait établis « systématiquement que le catalan (et l'aranais en aran) constitue la langue normalement utilisée comme véhicule et pour l'apprentissage dans le système éducatif, avec une présence prédominante dans l'activité d'enseignement, dans les centres éducatifs, dans l'accueil des étudiants nouvellement arrivés, dans les instruments de planification et d'évaluation linguistiques et dans les projets linguistiques de chaque centre ». Le TSJC a également soutenu que « l’absence de toute mention de la langue espagnole comme langue véhiculaire d’enseignement dans les sections analysées […] « ne nous permet pas de considérer que la présence adéquate de l'espagnol est garantie ni qu'il existe des instruments de contrôle et d'évaluation qui permettent à tous les étudiants d'acquérir une compétence en communication linguistique en langue espagnole. »

En revanche, le tribunal a rejeté la demande de l'AEB d'annuler les articles qui font référence à la promotion du catalan au-delà des centres éducatifs, au statut officiel du catalan dans l'administration éducative et dans les processus de sélection du personnel, ainsi que d'accréditer la connaissance du catalan par le personnel.

Avec la sentence prononcée et seulement un certain nombre d'articles annulés, Plataforma per la Llengua a demandé au tribunal de revoir les mesures conservatoires qui pesaient sur l'ensemble du règlement et a demandé que la suspension provisoire soit levée pour le reste des articles. Le tribunal l'a accepté car il estime, dans un interlocutoire du 20 novembre, que cette partie normative « a déjà été révisée » avant de rendre son jugement en septembre et, même s'il fait l'objet d'un appel, cela n'affectera pas les articles revendiqués par la Plateforme.

De cette manière, l'obligation d'accréditer le C2 de catalan pour les nouveaux enseignants est à nouveau pleinement en vigueur, de sorte que tous ceux qui participent aux processus de sélection pour devenir inspecteurs ou directeurs, aux concours de mérite, aspirent à des postes dans le Département ou qui participent à tout appel de promotion.

L'Éducation a assuré ce vendredi que « le décret s'appliquera », même s'il ne fixe pas de date précise, mais utilise plutôt la formule ambiguë « à partir de l'année scolaire 2025-26 » pour les nouveaux enseignants, et « à partir de l'année scolaire 2027-28, si le département le détermine » pour les enseignants en activité. En tout cas, l'Éducation précise que la nouvelle ordonnance judiciaire « n'affecte pas les dernières oppositions appelées » pour mars 2026.

D'autres articles récupérés sont ceux qui font référence à la promotion d'activités pour améliorer le niveau de catalan des enseignants, promeuvent des activités pour promouvoir la langue en dehors des centres ou avec d'autres territoires de langue catalane. S'activent également les articles qui établissent que le Département est l'instance finale qui valide les projets linguistiques, ce qui exonère les directions de toute responsabilité et les met à l'abri des recours judiciaires et empêche, comme dans les arrêts précédents, de cibler les directeurs et de peser sur eux les conséquences s'ils n'appliquaient pas 25% d'espagnol dans les salles de classe. De même, on récupère l'article qui dit que ces projets linguistiques ne peuvent pas être modifiés à mi-parcours (par exemple, en raison d'une réclamation judiciaire).

Plateforme pour la Langue exhorte désormais l'Éducation à appliquer les nouvelles réglementations, en se concentrant spécialement sur le C2 du catalan, sur la possibilité de sanctionner les enseignants qui ne respectent pas le projet linguistique, que ce document soit élaboré sur la base des données sociolinguistiques du territoire ou que les centres pour adultes doivent également proposer des cours de catalan.