Le Conseil d'Éducation de Catalogne approuve la réglementation de la FP « en ligne » avec l'abstention de l'Administration

L'élaboration du projet de décret qui devrait réglementer le secteur privé de formation professionnelle en ligne en Catalogne continue de générer des rebondissements dans le scénario. La dernière, mardi, lors de la séance plénière du Conseil d'Éducation de Catalogne – un organe consultatif pour la réglementation éducative dans lequel tous les secteurs sont représentés -, qui a voté l'avis d'évaluation de ladite réglementation. Le rapport en question est arrivé sans l'un des points les plus délicats du décret – obliger les centres catalans à réaliser les examens en Catalogne – mais les amendements présentés lors de la séance plénière l'ont modifié pour conserver la rédaction originale du décret. En d’autres termes, les examens doivent obligatoirement être effectués en Catalogne. Le point inédit a été fait par les représentants du Département – une vingtaine sur un total de 75 – qui ont annoncé leur abstention générale avant le début du vote.

Le Ministère de l'Éducation a promu le projet de décret pour l'organisation de l'enseignement professionnel en mode virtuel pour réguler un secteur qui a connu une croissance incontrôlable au cours de la dernière décennie – actuellement près de 60 000 étudiants, triplant presque le cours privé en présentiel – et générant certaines critiques pour la mauvaise qualité et le manque de places pour les stages, dans certains cas. L'axe principal de la nouvelle réglementation est l'obligation pour les centres agréés de Catalogne d'effectuer les examens finaux en personne dans cette communauté. Ces centres privés accueillent des étudiants de toute l'Espagne et jusqu'à présent les examens finaux se passaient dans des centres répartis dans toutes les provinces, et même dans des hôtels. Un autre point clé, mais également contradictoire, est la réduction du nombre maximum d'étudiants par enseignant de 90 à 75 actuellement, chiffre qui diminue à 60 dans les cours de spécialisation.

Le projet de décret est parvenu au Conseil de l'Éducation de Catalogne pour émettre son avis, une démarche obligatoire, bien que seulement consultative, afin que le Département puisse ultérieurement ignorer les propositions de l'entité. Le décret a été analysé au sein de la sous-commission FP, présidée par un représentant du Foment del Treball, et une proposition d'avis a été préparée qui élimine ce caractère obligatoire des examens, un point défendu par les associations et les centres d'entreprises, et qu'ils ont déjà affirmé dans leurs allégations alors que la réglementation était exposée au public.

Cela a généré des désaccords entre les familles et les syndicats, qui ont présenté des amendements lors de la séance plénière de mardi, lors du vote de l'avis préparé par la sous-commission. Suite à ces modifications, le texte original du décret a été restitué. Cependant, l'avis auquel ce journal a eu accès propose de supprimer une partie de l'article 19 qui ne permettait pas aux entreprises extérieures à la Catalogne de réaliser des examens finaux en personne dans cette communauté. Ainsi, un centre andalou pourrait organiser les examens en Catalogne s'il le souhaite.

Un point qui a également été modifié est celui des ratios : bien que la proposition de 75 étudiants par enseignant pour les cycles de formation soit maintenue, dans les cours de spécialisation le ratio est réduit de 60 à 30, également sur proposition des syndicats.

Une autre nouveauté est l'incorporation de deux articles, promus par les syndicats, pour promouvoir la transparence et la responsabilité des centres privés. Ainsi, les entreprises sont invitées à publier des données sur la propriété du centre, qui autorise les cours, la formation des enseignants, le type de contrat d'enseignant ou s'il reçoit un financement public. De plus, les centres privés sont invités à préparer des rapports annuels sur leurs activités, les taux de réussite et d'abandon, l'indice de satisfaction des étudiants ou le taux de placement, entre autres.

L'arrêt comprend d'autres modifications au règlement, comme autoriser la passation des examens pendant les périodes de vacances comme Noël ou Pâques, garantir que le catalan soit la langue d'enseignement ou que l'Institut Obert de Catalunya dispose de son propre poste budgétaire, entre autres.

Le rapport du Conseil a été adopté avec un vote très partagé : 23 pour, 14 contre et 13 blancs. Le président du Conseil, Joan Manel del Pozo, reconnaît qu'il y a eu un débat « intense », plus qu'à d'autres occasions, mais il apprécie le bon climat de dialogue. « C'était intense, mais il y a eu beaucoup de dialogue et une bonne dose de consensus. La séance plénière a été l'expression d'un vrai dialogue, avec des amendements qui ont été retenus et d'autres qui n'ont pas abouti. »