Les clés de l’accord budgétaire : blindage des infrastructures et financement pour 2027

L'accord entre le Gouvernement catalan et l'ERC ouvre la voie à l'approbation du budget 2026, en attendant que les Communes actualisent l'accord de février qui envisageait, entre autres, la limitation de l'achat spéculatif de logements en Catalogne. Le document signé par le président de la Generalitat, Salvador Illa, et le leader des Républicains, Oriol Junqueras, comporte quatre grands blocs : infrastructure ferroviaire, autonomie et financement, politique sociale et promotion de la langue catalane. Voici les principaux points du texte :

Infrastructure

La ligne orbitale. PSC et ERC ont ressuscité la ligne qui relie Vilanova i la Geltrú et Mataró à travers la ceinture métropolitaine, sans traverser Barcelone. L’accord n’inclut pas le coût – qui doit être déterminé par le gouvernement central – mais le tracé, 120 kilomètres et 39 stations, le fait. Le texte ne précise pas non plus de délais, sauf qu'en 2026 « un protocole de collaboration » sera signé entre administrations publiques. Par ailleurs, l'accord prévoit de « consolider » le transfert des Rodalies, avec un engagement de l'Etat à hauteur de 8 milliards d'euros pour le plan pour la période entre 2020 et 2030.

Le consortium d'investissement. Après son renversement par le Congrès des députés, le gouvernement et l'ERC ont cherché une formule qui ne dépende pas du Parlement et, en particulier, des votes des Junts. Ce parcours a finalement été celui d'une société commerciale dont le but sera de réaliser des études, d'élaborer des projets » et de « garantir l'exécution des investissements de l'État en Catalogne ».

Politique aéroportuaire. Il s’agit peut-être de l’une des sections les plus vagues du document. L'accord prévoit qu'une Autorité Aéroportuaire de Catalogne sera créée dans le cadre de la Loi d'Accompagnement pour créer ensuite un organisme bilatéral entre l'État et la Generalitat pour « coordonner la gouvernance » des aéroports catalans.

Autonomie gouvernementale et financement

Le Consortium des zones franches. C'est un autre des points qui doivent être précisés en commission bilatérale mercredi. L'accord prévoit qu'elle détiendra la majorité des actions de l'entité, de sorte que la Generalitat en aura 40% et la Mairie de Barcelone, 15%. Le reste resterait entre les mains de l’État.

Financement autonome. L'accord vise à garantir que les deux accords financiers majeurs promus par l'ERC puissent entrer en vigueur en 2027 : le nouveau modèle de financement et l'annulation de 20% de la dette contractée auprès du Fonds autonome de liquidité (FLA). La ministre de l'Économie et des Finances, Alícia Romero, s'est montrée optimiste à ce sujet et a déclaré que la relation avec le nouveau ministre des Finances, Arcadi España, était « très bonne ».

IRPF. C’est la grande question en suspens qui a fait dérailler l’accord budgétaire d’avril dernier. Bien que les élections andalouses ouvrent la voie à la poursuite du financement et de la FLA, les doutes subsistent en ce qui concerne l'impôt sur le revenu des personnes physiques. L'accord prévoit que les lois approuvées au Congrès doivent incorporer une « délégation de pouvoirs » pour que la Catalogne puisse gérer cet impôt.

Agence Fiscale de Catalogne (ATC). « Si demain ces pouvoirs nous étaient délégués, nous ne pourrions pas le faire parce que nous ne sommes pas préparés », a déclaré Alicia Romero. Le conseiller a insisté sur le fait que désormais l'ATC ne dispose pas des travailleurs, des ressources humaines et des données nécessaires pour gérer l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Pour ce faire, elle a élaboré un plan en plusieurs étapes avec ERC qui prévoit également d'injecter plus de 500 millions en quatre ans dans l'organisme.

Services publics

Santé. Le gouvernement et l'ERC ont convenu de créer un fonds doté de 250 millions d'euros pour réduire progressivement le déficit historique que traîne le système de santé catalan. En principe, le système de financement devrait contribuer, dès son entrée en vigueur, à alléger toute cette charge. Par ailleurs, 25 millions supplémentaires sont attendus en santé mentale pour les jeunes et les mineurs.

Éducation. Au milieu des protestations du personnel enseignant catalan, le gouvernement et l'ERC s'engagent à augmenter les investissements dans les centres éducatifs jusqu'à atteindre 400 millions en 2030. Par ailleurs, l'exécutif de l'Illa doit négocier avec les syndicats majoritaires une amélioration de la rémunération des enseignants. Concernant la marge de ce pacte, Romero a déclaré que les demandes actuelles sont « inabordables ». Il est toutefois possible de parvenir à un accord. « Le Budget n'est pas quelque chose de fixe, il est en vigueur et peut être modifié tout au long de l'année en raison de diverses circonstances. Nous disposons d'un fonds de réserve de 300 millions et les postes peuvent être modifiés au sein du département et entre les ministères. Nous disposons de toutes les marges que nous considérons », a-t-il soutenu.

Sécurité. L'accord prévoit de « compléter » l'accord sur le transfert des pouvoirs de sécurité citoyenne dans les ports et aéroports et de « renforcer » la force des Mossos d'Esquadra, en portant l'effectif à 25 000 soldats jusqu'en 2030, comme déjà prévu.

Logement. Une allocation annuelle de 160 millions est collectée pour un programme de réhabilitation et de récupération des logements dégradés, auquel s'ajoutera une ligne de financement de 50 millions de l'Institut Catalan de Finances.

Plan de ville. L'enveloppe destinée à aider les petites communes sera portée à 400 millions au cours de la période 2026-2030.

catalan

Le gouvernement et l'ERC ont convenu de renforcer le catalan sur les réseaux sociaux avec un programme auquel seront alloués 50 millions d'euros sur trois ans. Par ailleurs, trois millions supplémentaires seront consacrés à la protection du langage dans l’intelligence artificielle. Par ailleurs, le Département de la politique linguistique sera doté de 35,2 millions d’euros au cours de l’exercice 2026.