Le gouvernement catalan propose une augmentation du nombre de tuteurs et de personnel pour mettre fin à la grève éducative

Le Ministère de l'Éducation de Catalogne cherche à répondre à la demande d'augmentation des salaires des enseignants, non pas par une augmentation générale, mais plutôt en se concentrant sur l'un des suppléments : celui payé par les tuteurs. Selon la proposition envoyée aux syndicats, l'Éducation met sur la table une augmentation du supplément dit singulier, que facturent les tuteurs, en plus d'en créer deux nouveaux : un pour le co-tutorat et un autre pour les enseignants des centres très complexes. En outre, il souhaite également intégrer 1 100 personnes supplémentaires pour l'éducation inclusive, soit le double de ce qui a été annoncé la semaine dernière.

L'éducation et les syndicats se réunissent à nouveau ce mercredi après-midi pour résoudre le conflit éducatif et après la réunion de jeudi dernier qui s'est terminée sans accord. À cette table sectorielle, le Ministère n'a présenté aucune proposition d'augmentation des salaires, l'une des deux priorités des syndicats, mais il a présenté une proposition pour le personnel : 1 066 personnes pour la prochaine année scolaire, dont 645 seraient du personnel affecté à l'école inclusive, et le reste, des enseignants et des administrateurs.

Les parties se sont réunies cette semaine pour poursuivre les négociations, sous l'avertissement des syndicats que s'il n'y avait pas de proposition salariale, ils ne participeraient pas à la réunion. Le Gouvernement, jusqu'à présent, s'était caché derrière le manque de budgets pour accepter une augmentation des salaires, au-delà de 200 euros par mois sur une période de quatre ans – ce qui inclut le pacte éducatif signé en mars avec CC OO et UGT -, en commençant cette année avec une augmentation d'environ 60 euros par mois. L'augmentation s'applique au complément régional dont disposent les enseignants, qui est de 700 euros par mois, et qui était gelé depuis 25 ans. Mais dans sa nouvelle proposition, l'Éducation propose d'accélérer cette augmentation de salaire et au lieu de la faire en quatre ans, d'atteindre ces 200 euros en trois ans.

Le gouvernement a également accepté d'aborder l'augmentation des salaires, en ce qui concerne les suppléments, car ils n'affectent pas l'ensemble de la main-d'œuvre et ont un effet mineur sur les caisses régionales. L'Éducation propose désormais d'augmenter le complément singulier, celui des tuteurs, qui s'élève actuellement à environ 67 euros au primaire et à environ 96 au secondaire. Mais l’ampleur de cette augmentation n’a pas encore été détaillée. Il s’agit de l’une des mesures qui pourraient avoir le plus grand impact sur la main-d’œuvre, puisque l’augmentation bénéficierait, outre les enseignants du primaire et du secondaire, également des lycées, de la formation professionnelle, des classes d’accueil, des SIEI et des centres d’éducation spécialisée.

De même, le gouvernement propose également de créer deux nouveaux compléments, un pour le tutorat et un autre pour les tuteurs dans les centres très complexes. Cela contribuerait à stabiliser le personnel de ce type d'écoles, qui accumulent de nombreux élèves vulnérables et que les enseignants ne choisissent généralement pas, ce qui fait qu'elles constituent la dernière option pour les enseignants intérimaires.

Une autre proposition qui sera mise sur la table est l'augmentation de la main-d'œuvre inclusive, une autre grande revendication des syndicats. En ce sens, la commission de déploiement et de suivi du pacte éducatif de mars, réunie ce lundi, a convenu d'augmenter les effectifs affectés à l'école inclusive, déjà pour la prochaine rentrée scolaire. Si 500 nouveaux personnels ont été annoncés la semaine dernière, chiffre que l'Éducation a porté à 650 à la table sectorielle de jeudi, la dernière proposition laisse l'augmentation à 1.164 provisions, selon l'UGT dans un communiqué. Parmi ceux-ci, 639 correspondraient à des personnalités telles que des intégrateurs et des éducateurs sociaux, 143 aux unités SIEI (soutien aux élèves atteints de troubles), 160 aux écoles d'éducation spécialisée et 222 aux services EAP (ceux qui évaluent les élèves ayant des besoins et déterminent de quel soutien ils ont besoin), des orthophonistes ou des éducateurs auditifs et linguistiques.

Le reste du personnel, jusqu'à 2.400, correspond en majorité à des enseignants (708), en raison de la nécessaire augmentation des effectifs année après année, mais aussi pour rendre possible la mesure visant à éviter des sur-rapports dans les classes de 1ère année de l'ESO l'année prochaine. De même, il est prévu d'embaucher 349 employés dans l'administration et les services et 184 dans le cadre des programmes de protection sociale des enseignants et des infirmières scolaires.

Niubó demande la « responsabilité »

La ministre de l'Éducation, Esther Niubó, qui a comparu mardi au Parlement pour rendre compte du plan pilote à introduire dans les instituts et de l'infiltration d'agents dans une assemblée pédagogique, n'a pas voulu donner de détails sur la proposition qu'elle allait envoyer quelques heures plus tard aux syndicats. Il a seulement assuré qu'il s'inscrirait dans le cadre de l'accord signé en mars, mais il s'est ouvert à son « amélioration ». « Nous allons déployer l'accord et le compléter avec des propositions viables, et non avec des propositions maximalistes », a déclaré Niubó, qui a demandé aux syndicats qui appellent à la grève d'être « responsables de ce qui peut être fait maintenant et de ce sur quoi on peut travailler pour les cours suivants ». « Nous voulons des accords larges avec les syndicats, mais viables et avec une sécurité budgétaire », a-t-il ajouté.

Dans la proposition envoyée aux syndicats, l'Éducation prévoit également un calendrier de négociation avec six tables sectorielles pendant trois semaines pour pouvoir aborder spécifiquement chacune des propositions de chaque appel.

De leur côté, les syndicats appelant à la grève – Ustec, Aspepc, CGT et Intersindical – ont fait un premier bilan assez négatif de la proposition, bien qu'ils aient confirmé qu'ils assisteraient à la réunion de ce mercredi. Le syndicat majoritaire considère que ce n'est pas une proposition « valable » et défend que l'augmentation des salaires pourrait être basée sur la récupération « de la perte du pouvoir d'achat accumulé et du non-respect des droits réduits », en référence à la dette pour les six ans et rejette que les salaires soient « relégués ou fragmentés dans des débats partiels sur les compléments ». La CGT reconnaît que le document « va au-delà » de l’accord signé en mars, mais le juge « insuffisant ». De son côté, l’Intersindical qualifie la proposition de « absolument ridicule » et accuse l’Éducation de « ne pas toucher les pieds sur terre ».