«  L'accusation '': grand «thriller» de l'Institut sur la forge morale d'aujourd'hui

« Si tu mens, je te tue. Et s'il ment, je le tue. » La phrase, lancée par le frère aîné d'un adolescent vers elle-même et vers le professeur de langue et de littérature à laquelle elle accuse de harcèlement sexuel, fonctionne comme un coup sec au début, et en même temps qu'une synthèse brutale de ce qui s'est passé plus tard. Dans cette ruelle morte et sociale sans fin, où ni le doute ni la vérité ne trouvent abri, ce film français se déplace par Teddy Lussi-Modeste et co-écrit par Audrey Diwan (), inspiré par des événements réels, et construit en tant qu'officier de police.

La prémisse, en apparence simple, est bientôt emmêlée: un être cher, livré, qui essaie de motiver ses élèves avec des méthodes peu orthodoxes – un moyen de prendre un kebab avec la meilleure classe, une interprétation enthousiaste d'un poème de Pierre de Ronsard – est accusé par un étudiant timide et introverti et encore dans le processus de formation personnelle. Dès le premier tronçon de l'histoire, le spectateur sait quelque chose de crucial: le défendeur est homosexuel et vit avec son partenaire, mais refuse d'utiliser ces informations comme stratégie de défense. « Je ne dirai pas que je suis gay juste pour me sauver », dit-il, attrayant l'estime de soi que, dans cet environnement, peut être un luxe ou un piège.

Et il apparaît l'un des grands thèmes du film: la dignité, pas comme un geste hautain mais comme un conflit moral. Dans quelle mesure devrait-on trahir son intimité pour se défendre dans un environnement qui a déjà rendu son jugement? Parce que l'impuissance de l'enseignant est aussi palpable que la maladresse avec laquelle le scandale est géré. L'adresse de l'institut et le cloître des enseignants, qui le soutiennent d'abord, sont immédiatement reproduits; Les autorités éducatives et policières font du protocole leur bouclier; Et les élèves les plus populaires convertissent la salle de classe en un cirque d'insolence où le respect est un concept archéologique. Comme ce fut le cas à Thomas Vinterberg, ou plus récemment dans, d'Illker Çatak, ne cherche pas à résoudre un cas et à observer ses effets collatéraux.

L'enseignant, interprété par le confinement et le charisme par François Civil, Il devient une figure tragique: ambitieuse dans ses idéaux pédagogiques, mais maladroit dans ses gestes. Son désir d'être différent, d'éduquer de la confiance et non de la peur, est presque quixotique. Et oui, il fait des erreurs. Et perd même les papiers. Mais qui ne les perdrait pas à cause de l'humiliation publique, de la suspicion perpétuelle, de l'adolescence comme tourbe?

Lussi-Mode, qui laisse le jugement du spectateur, opte pour une mise en scène fonctionnelle, sans affichages, avec une caméra agile et gratuite, presque documentaire dans son approche de la classe, conscient que l'essentiel n'est pas dans la façon dont il est filmé mais dans la complexité des situations. Le script, avec des dialogues précis et réalistes, s'appuie avec l'intelligence dans la poésie de Pierre de Ronsard pour parler de séduction, de beauté et aussi de la frontière dangereuse entre le poétique et le mauvais.

Mais s'il est installé en mémoire, c'est à cause de son regard maladroit et courageux sur un système qui répond avec plus de réflexions légales que les humains. Ici, il ne s'agit pas de choisir entre la victime et le bourreau, mais de comprendre que parfois les structures sont aussi malades que les individus qui les habitent. Et dans cet institut – imit-imicrocosmos féroce de la société dans laquelle nous vivons – tous échouent: adultes, adolescents, protocoles, confiance. Au-delà de la culpabilité ou de l'innocent, des jugements gagnés ou des réputations coulées, ce qui est joué est plus profond: quel type de société nous construisons. Et surtout, quel type de citoyens – ignorant ou simplement perdu – nous nous formons pour l'habiter.

L'accusation

Adresse: En mode lussi en peluche

Interprètes: François Civil, Toscane Duquesne, Shain Boumedine, Mallory Wanecques.

Genre: drame. France, 2024.

Durée: 92 minutes.

Première: 11 juillet.