T-Shirt Crimes de pensée à l'International de Floride

À la Florida International University, sept étudiants sont punis pour avoir porté des T-shirts. Une université interdisant les mots et l’expression est contraire non seulement au premier amendement, mais à tout ce qu’un collège est censé représenter.

Lors d'une conversation entre la présidente de l'université, Jeanette Nuñez, et l'ancien joueur de baseball Alex Rodriguez, les étudiants se sont levés en silence, ont révélé des chemises sur lesquelles était écrit « ICE OFF FIU » et sont sortis tranquillement quelques minutes plus tard.

Évidemment, nous nous inquiétons tous de la profonde perte intellectuelle qui pourrait survenir si quelqu’un était momentanément distrait de cette discussion essentielle entre un président d’université et un joueur de baseball à la retraite. Mais nous devons permettre que des manifestations aient lieu sans perturber substantiellement les événements ni les empêcher d’être entendues, même lorsque ces événements revêtent la plus haute importance mondiale.

Il n’y a eu aucune allégation de perturbation de l’événement. Au lieu de cela, les étudiants sont punis en vertu des règles de la CRF qui interdisent toutes les manifestations en salle. Les sept étudiants ont été reconnus coupables de mauvaise conduite avec une réprimande écrite sur leur dossier permanent et contraints d'enregistrer une vidéo originale montrant leur compréhension des règles.

Dans une lettre du 18 juin, la Fondation pour les droits individuels et l'expression a expliqué ces « défauts constitutionnels » de la politique à la CRF et a exhorté l'université à abandonner toutes les charges retenues contre les étudiants.

Selon l’administration de la CRF, « la CRF applique systématiquement ses règles interdisant les protestations et les manifestations dans les bâtiments universitaires, quel que soit le point de vue ».

Mais toute interdiction de manifester constitue automatiquement une discrimination de point de vue. Ils interdisent l’expression contre les locuteurs mais pas l’expression en faveur des locuteurs. Dans ce cas, la CRF punirait-elle quelqu'un qui portait un maillot d'Alex Rodriguez et se levait pour l'applaudir ? Évidemment non. La CRF ne punirait pas non plus quelqu’un qui portait une chemise de la CRF et se levait pour applaudir le président (aussi invraisemblable que cela puisse paraître), même si ces actions bruyantes perturberaient en réalité momentanément l’événement, contrairement aux étudiants silencieux qui étaient punis.

La CRF pourrait faire valoir qu’une interdiction de toutes les manifestations ne constitue pas une discrimination de point de vue, car elle interdit les manifestations de tout point de vue. Cette analyse est complètement fausse. Les interdictions de discrimination de point de vue s’appliquent à chaque application spécifique d’une règle et pas seulement au libellé général des règles. Imaginez si le gouvernement adoptait une loi interdisant toute critique à l'égard du gouvernement et affirmait ensuite que c'était légitime parce qu'il n'y aurait pas de discrimination de point de vue si l'on interdisait toute critique à l'égard de chaque gouvernement. Toute interdiction de manifester constitue en soi un aveu de discrimination de point de vue.

La discrimination des points de vue n’est pas le seul problème ici. Il existe un droit de manifester prévu par le premier amendement, et toute interdiction de manifester en intérieur est donc intrinsèquement inconstitutionnelle.

En 2024, après que Harvard ait puni des étudiants et des professeurs pour avoir apposé des autocollants sur leurs ordinateurs, sur la base d'une interdiction similaire des manifestations en salle, j'ai noté :

Contrairement à Harvard, la CRF doit obéir au Premier Amendement, qu’elle viole clairement. En fait, les règles de la CRF sont si extrêmes qu'elles interdisent toutes les « activités d'expression » dans un rayon de 15 mètres autour de toutes les résidences universitaires, ce qui signifie que les étudiants pourraient être punis pour avoir eu des conversations dans leur propre dortoir. Bien entendu, nous savons tous que ces restrictions extraordinairement larges ne seront appliquées arbitrairement qu’aux opinions et aux actions que l’administration n’aime pas. Mais les règles elles-mêmes sont inconstitutionnellement larges et vagues.

Cela ne veut pas dire que toute activité de protestation constitue un discours protégé. Vous n'avez pas le droit de crier sur les orateurs et de faire taire les discours des autres. Vous n'avez pas le droit de perturber les activités. Mais les collèges doivent promulguer et préciser clairement des règles contre les actions qui provoquent une perturbation importante, puis appliquer ces règles d'une manière neutre, plutôt que d'interdire toutes les manifestations en salle. Et porter un T-shirt avec trois mots dessus est clairement protégé par le Premier Amendement.

La punition infligée aux étudiants est également suspecte. Les excuses forcées et autres formes de discours forcé violent les droits du premier amendement. Les sanctions pédagogiques peuvent être acceptables (même si je suis intellectuellement indigné que la CRF exige des étudiants qu'ils enregistrent des vidéos de prises d'otages plutôt que de leur faire rédiger un article). Mais les exigences pédagogiques doivent répondre à un objectif pédagogique et ne pas forcer les élèves à accepter la punition. Bien entendu, lorsque les règles, l’enquête et les conclusions violent le premier amendement, la sanction sera également illégitime. Un discours forcé qui force les étudiants à accepter leur punition ne fait qu'ajouter une pénalité inconstitutionnelle à un verdict inconstitutionnel appliquant des règles inconstitutionnelles.

Certains conservateurs pourraient applaudir toute répression de leurs ennemis, peu importe ce que dit la Déclaration des droits. Mais la répression de la liberté d’expression par la CRF constitue un dangereux précédent. Chaque T-shirt ou chapeau portant un message peut constituer une protestation lorsqu'il se rapproche d'une personne exprimant un point de vue opposé. Les conservateurs veulent-ils vraiment que les universités aient le pouvoir d’interdire les chapeaux MAGA et les T-shirts pro-Trump ?

Porter un T-shirt n'est pas un crime. Se lever n'est pas un crime. Sortir d'un événement n'est pas un crime. Accomplir toutes ces activités légales dans l’intention d’exprimer une idée ne les transforme pas en crimes.

Lorsque les pensées se transforment en crimes, la liberté de chacun est menacée.