Les Pays-Bas seront le premier pays de l'OTAN à lancer de nouvelles unités de drones et des contre-mesures pour ces dispositifs dans toutes les divisions de combat de l'armée. Le ministère néerlandais de la Défense prévoit d'embaucher entre 1 000 et 1 200 personnes pour ce faire à partir d'avril et considère que la collaboration avec l'industrie est essentielle, car les systèmes doivent être « modernisés et adaptés en permanence ». C'est ce qu'a annoncé dimanche le général Onno Eichelsheim, commandant en chef des forces armées néerlandaises, dans une émission de télévision publique.
Les drones font déjà partie des opérations de l’armée néerlandaise, mais, selon Eichelsheim, « la guerre en Iran et en Ukraine démontre l’importance qu’ils ont acquise dans la guerre moderne ». Au cours de l’émission d’interview, le militaire a souligné que l’Iran « n’est pas encore prêt à se rendre ». Et d’ajouter : « Une partie de sa capacité défensive a été détruite, mais sa capacité offensive reste largement intacte. » Selon lui, « l’Iran n’a même pas tiré la moitié des missiles dont il dispose ». Les Pays-Bas, a-t-il souligné, « sont le premier pays de l’Otan à investir ainsi dans les drones » et espèrent pouvoir embaucher « les 600 premières personnes en un clin d’œil ».
Pour y parvenir, « la collaboration avec l’industrie des drones est très importante, car nous sommes confrontés à une interaction différente », a souligné le général. En 2025, le ministère de la Défense décrivait les armées comme « un incubateur d’innovations techniques », accélérées par des missions en Afghanistan et en Irak. Pendant la guerre en Ukraine, et pas seulement aux Pays-Bas, nous avons assisté aux progrès des nouvelles technologies et au degré d’information qu’elles impliquent.
En mars dernier, le ministère néerlandais de la Défense a alloué 30 millions d'euros à un programme visant à inciter les entreprises à proposer des solutions adaptées pour détecter et intercepter les drones tactiques pesant entre 150 et 400 kilos. Ces types de modèles peuvent voler jusqu'à 600 kilomètres par heure, et l'initiative visait à renforcer l'autonomie stratégique. L’objectif est de pouvoir développer et produire des systèmes anti-drones aux Pays-Bas et en Europe.
L’année dernière, notamment lors du sommet de La Haye, les pays alliés de l’OTAN (à l’exception de l’Espagne) se sont engagés à consacrer jusqu’à 5 % de leur PIB à la défense d’ici 2035. Dans le cas des Pays-Bas, cela représente près de 50 milliards d’euros. L’actuel gouvernement de centre-droit, dirigé par le Premier ministre social-libéral Rob Jetten, le soutient.