Le gouvernement imposera des amendes pouvant aller jusqu'à six millions d'euros aux compagnies d'électricité qui commettent des spams téléphoniques

Le gouvernement serre la vis aux commerçants d'électricité, qui interdiront de téléphoner avec des offres tarifaires sauf si l'utilisateur en a fait la demande expresse. Pour éviter ces appels, le ministère de la Transition écologique a imposé un régime de sanctions sur ces pratiques abusives. En ce sens, le décret que le Conseil des ministres approuvera ce mardi, et dont EL PAÍS et CincoDías ont eu accès au contenu, entraînera des amendes comprises entre 600 001 et six millions d'euros pour les appels visant à faire des offres de fourniture d'électricité.

Ces infractions seront considérées comme graves, conformément à l'article 65.25 de la loi 24/2013. La Commission Nationale du Marché et de la Concurrence (CNMC) sera l'organisme compétent pour initier et résoudre ce type d'irrégularités. Le nouveau décret a déjà été entériné par le Conseil d'État et la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC), organismes auprès desquels la Transition écologique a demandé avis avant approbation définitive pour valider son adéquation économique, réglementaire et juridique.

Comme ce média l'a déjà rapporté et confirmé ce dimanche par la troisième vice-présidente et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, dans un entretien avec , le gouvernement approuvera ce mardi un arrêté royal par lequel les appels commerciaux à la vente d'énergie électrique sont généralement interdits, sauf demande expresse et sans équivoque du consommateur. De plus, pour les appels demandés par les utilisateurs intéressés, il sera obligatoire d'utiliser un préfixe spécifique et, en cas de violation de la réglementation, les entreprises de télécommunications seront obligées de bloquer ces téléphones. Ainsi, il est interdit d'attirer des clients par téléphone. Cet itinéraire ne sera pas utilisé pour formaliser lesdits contrats d'électricité, sauf demande expresse de l'utilisateur.

La protection des consommateurs d’énergie va bien au-delà du téléphone. Parmi les mesures les plus notables, se distingue l'obligation imposée aux commerçants de présenter, avant de signer un nouvel enregistrement, un document contenant des informations claires et détaillées sur ses conditions, ainsi que sur les éventuelles variations de prix ou les changements des conditions qui s'appliqueront dans le futur. Il s'agit ainsi d'éviter des abus qu'un client ne remarque presque jamais lorsque certaines conditions que plusieurs associations de consommateurs considèrent comme trompeuses et abusives se retrouvent dans les petits caractères des contrats très complets signés.

C'est-à-dire qu'un document indépendant du contrat et préalable sera fourni dans lequel le client résumera clairement les effets du changement sur sa facture finale et comprendra un tableau comparatif des prix avant le changement et des prix qu'il aura après.

À ce qui précède, le nouveau décret ajoute la possibilité que tant les PME que les ménages dont la puissance souscrite est inférieure à 15 kilowatts (kW) puissent résilier leur contrat à tout moment, sans pénalité, sauf avant la première prolongation annuelle d'un contrat à prix fixe sur le marché libre ; et dans ce cas, la pénalité ne peut être que d'un maximum de 5 % de l'énergie en attente de facturation cette année-là.

Si le changement est effectué par un consommateur vulnérable pour bénéficier du tarif réglementé connu sous le nom de Prix de Vente aux Petits Consommateurs (PVPC), aucun type de pénalité ne pourra être appliqué, même dans les services supplémentaires contractés avec la fourniture d'électricité. Ceci est particulièrement pertinent, car de nombreux utilisateurs se sont retrouvés dans la situation où, pour vouloir s'adresser à un distributeur concurrent, ils sont obligés de payer des pénalités pour des services tels que l'entretien de la chaudière, les services d'alarme, etc., alors qu'ils n'ont même pas de chaudière ou d'alarme.

Des pratiques abusives persistantes

Le secrétaire d'État à l'Énergie, dirigé par Joan Groizard, agit après avoir vérifié que des pratiques abusives ont lieu non seulement à l'encontre des clients en général mais spécifiquement à l'encontre des consommateurs vulnérables, c'est pourquoi la nouvelle réglementation cherche à accroître la protection de ces groupes défavorisés.

À cet égard, le panel préparé par l'Institut pour la diversification et les économies d'énergie (IDAE) a détecté, après un suivi exhaustif de 400 utilisateurs vulnérables, que la moitié d'entre eux ne sont même pas couverts par le bonus social, bien qu'ils remplissent les conditions pour accéder à cette réduction, qui peut être supérieure à 50% du coût de la facture.

En outre, le décret tente d'éviter que certains consommateurs vulnérables qui bénéficient du bonus social ne soient amenés à quitter ce régime et à souscrire à des offres de libre marché qui, à long terme, seraient nettement plus chères.

Avec le nouveau décret, dans le cas où un consommateur titulaire d'un chèque social souhaite passer au marché libre, le nouveau commerçant, en plus de présenter l'estimation annuelle de la différence entre le prix qu'il paie et le prix qu'il paiera après le changement, doit obtenir son consentement exprès et informer mensuellement la CNMC de ces renonciations des consommateurs vulnérables, afin qu'elles puissent être vérifiées.

Une autre protection supplémentaire sera accordée aux femmes victimes de violence sexiste. La réglementation permet aux personnes se trouvant dans cette situation de bénéficier plus facilement et de manière rapide et efficace du tarif réglementé (PVPC) dans les logements où elles habitent, même si elles ne sont pas titulaires du contrat.

De la même manière, tous les utilisateurs bénéficiant dudit tarif réglementé seront autorisés à subroger le contrat lors de l'accès à un nouveau logement en location. Il offre une protection supplémentaire aux locataires pour éviter des problèmes d'approvisionnement lors de l'accès au logement à un moment particulièrement compliqué en raison des loyers très élevés payés par les locataires. Cela évite des problèmes administratifs et bureaucratiques comme, par exemple, lorsque le locataire découvre que le locataire précédent aurait pu laisser plusieurs factures d'électricité impayées que le nouvel utilisateur n'aura en aucun cas à payer.