Le coordinateur des représentants des étudiants des universités publiques (CREPU) a dénoncé une réalité que les administrations publiques semblent vouloir ignorer: infinance chronique du système universitaire espagnol. Malgré la promesse d'atteindre un investissement de 1% dans le PIB dans l'enseignement supérieur, le droit organique du système universitaire (LOSU) n'est toujours pas rempli et les universités publiques continuent de subir les conséquences d'un modèle de financement insuffisant et inégal.
Le problème n'est pas nouveau, mais sa persistance menace de saper les piliers de l'éducation et de la qualité du public. Alors que des pays tels que le Danemark ou la Suède allouent un pourcentage considérablement plus élevé à leurs systèmes universitaires, en Espagne, nous restons ancrés entre 0,7% et 0,8% du PIB. Ce manque d'engagement envers l'enseignement supérieur limite non seulement la qualité formatrice, mais approfondit également les inégalités entre les territoires et perpétue la dépendance du secteur privé dans un domaine qui devrait garantir l'équité de l'accès et des opportunités.
Les différences régionales dans l'investissement universitaire sont un échantillon clair du manque de volonté politique pour garantir un système équitable. Nous voyons des communautés autonomes telles que la Catalogne ou les îles Canaries qui n'atteignent pas 0,8%, étant bien en dessous du 1% exigé par la LOSU. Cela se traduit par une infrastructure précaire, un manque de ressources pour la recherche et une offre de formation inégale selon la communauté dans laquelle il est étudié. En d'autres termes, le lieu de naissance ou de résidence reste un facteur déterminant de la qualité de l'éducation.
L'analyse des investissements des étudiants montre des chiffres inquiétants. Madrid et la Catalogne allouent à peine entre 6 000 et 7 500 euros par étudiant, tandis qu'en Cantabrie ou Castilla-La Mancha, le chiffre dépasse 8 500 euros. Ce déséquilibre affecte non seulement les conditions matérielles, mais aussi la capacité de recherche et de développement, compromettant les nouvelles générations et la compétitivité du pays dans le contexte international.
Compte tenu du manque de financement public, les universités ont de plus en plus recouru au secteur privé pour atténuer leur précarité économique et les taux restent élevés dans de nombreuses communautés. Cette situation réduit non seulement l'accès à l'enseignement supérieur pour les secteurs les plus vulnérables, mais en fait également un espace où le pouvoir d'achat détermine la capacité de formation.
Si la tendance actuelle est maintenue, le système universitaire public sera embourbé dans un modèle élitiste où seuls ceux qui peuvent se permettre de supposer que les coûts croissants auront accès à une formation de qualité. Cette dérive mercantiliste contredit le principe de l'égalité des chances et met le rôle de l'université en danger en tant que moteur de développement social et économique.
De Crep, nous dénonçons non seulement cette situation, mais nous exigeons des mesures concrètes et urgentes pour l'inverser. Cependant, la passivité des administrations publiques est inacceptable. Ce n'est pas un manque de ressources, mais un manque absolu de volonté politique d'investir dans l'avenir. Alors que le gouvernement central et les communautés autonomes sont protégés dans les débats bureaucratiques et les excuses budgétaires, le système universitaire continue de se détériorer, condamnant des milliers d'étudiants à une éducation insuffisante et à des opportunités de plus en plus limitées.
L'enseignement supérieur n'est pas un luxe ou un privilège, mais un droit fondamental et un investissement dans les progrès sociaux et économiques. Mais les administrations ont choisi de regarder dans l'autre sens, perpétuant un modèle qui favorise la précarité des connaissances et la fuite des talents à l'étranger.
Pour inverser cette crise, il est essentiel que l'engagement d'allouer au moins 1% du PIB à l'enseignement supérieur soit rempli, garantissant un financement suffisant et stable. De plus, il est urgent que les fonds soient répartis également parmi les communautés autonomes, empêchant les différences territoriales d'affecter la qualité de l'éducation.
Il est également essentiel de renforcer le système de bourses et d'aide à l'étude, afin que l'accès à l'université ne dépend pas de la capacité économique de chaque famille, mais du mérite et de l'effort académique des étudiants. Pour cela, au moins un tiers de l'augmentation budgétaire devrait être utilisée pour garantir l'équité et réduire la dépendance des ressources privées.
Les communautés autonomes, quant à elles, doivent s'engager dans les plans de financement mulannaux qui garantissent la stabilité et la prévisibilité de l'investissement universitaire. Sans une stratégie à long terme, l'enseignement supérieur se poursuivra à la merci des décisions politiques volatiles, sans garantir la durabilité du système.
Le gouvernement central doit également assumer un rôle plus actif dans le financement structurel des universités publiques, en établissant des accords avec les communautés autonomes pour s'assurer que les ressources sont suffisantes. L'enseignement supérieur ne peut pas continuer d'être un problème secondaire dans l'agenda politique, ni dépendre des ajustements budgétaires qui le condamnent à la précarité.
Les administrations ne peuvent pas continuer à reléguer l'enseignement supérieur à un avion secondaire. Le financement universitaire doit devenir une priorité de l'agenda politique, non seulement parce qu'il affecte des centaines de milliers d'étudiants dans le présent, mais parce qu'il déterminera la capacité de l'innovation, de la recherche et du développement de l'Espagne à l'avenir