Les garçons et les filles passent environ quatre heures par jour connectés à des appareils électroniques après l'école. Par an, cela se traduit par 1 460 heures ou 60 jours passés sur les plateformes numériques. Selon les résultats d’une étude menée par Qustodio aux États-Unis, en Espagne et au Royaume-Uni, un sixième de l’enfance se passe derrière un écran. Une autre donnée inquiétante est celle fournie par la Huitième Radiographie Numérique 2025, qui révèle que 55 % des mineurs ont utilisé pour la première fois un téléphone portable ou un ordinateur avant l'âge de sept ans, c'est-à-dire avant d'entrer en deuxième année, une étape au cours de laquelle ils devraient développer des compétences sociales, motrices et linguistiques. Mais le numérique est venu en premier.
Ces chiffres reflètent une enfance de plus en plus élevée à l'intérieur, dans des espaces fermés, face à des stimuli artificiels et accélérés. Et pendant ce temps, des heures vitales d’interaction avec les arbres, le vent et la terre sont perdues, laissant de côté les innombrables bienfaits qu’offre la nature pour le bien-être général et la transformation du cerveau.
Une enquête à participation chilienne importante, publiée en janvier 2026 dans la revue, le confirme précisément. Les chercheurs ont décrit une « cascade d’effets » déclenchée séquentiellement par l’exposition aux environnements naturels. Il y a quatre changements positifs, dans lesquels chacun ouvre la porte au suivant.
Premièrement, le cerveau traite plus facilement ce qu’il voit. Les villes et les écrans bombardent de stimuli chaotiques qui nécessitent un effort de perception constant. La nature, quant à elle, est organisée en motifs fractals (les branches d’un arbre, les vagues de la mer, la forme des nuages) que le cerveau traite beaucoup plus efficacement et avec moins d’effort. En d’autres termes, travaillez moins et reposez-vous davantage.
Deuxièmement, réduire le stress. Avec une charge sensorielle réduite, le système d'alarme du corps se calme, le cœur bat plus lentement, l'amygdale réduit son activité et les pensées négatives répétitives diminuent.
Troisièmement, l’attention est retrouvée. Avec moins de stress, le type d’attention que nous utilisons quotidiennement, celui que nous utilisons pour nous concentrer sur une tâche, prendre des décisions ou ignorer les distractions, cède la place à un mode plus réparateur. C’est le contraire de l’attention forcée qu’exigent les écrans.
Enfin, le quatrième effet laisse le cerveau dans un état de choc perpétuel. Les réseaux neuronaux associés à la pensée autoréférentielle (ce circuit qui active l'esprit lorsque nous errons, nous jugeons ou reproduisons mentalement des conversations du passé) montrent moins d'activité après une exposition à la nature, avec un état mental plus calme et moins dispersé.
Ces effets sont pertinents à tout âge. Mais dans l’enfance, lorsque le cerveau est pleinement développé, son importance est encore plus grande. Un garçon ou une fille qui grandit et est éduqué en ayant accès quotidiennement aux milieux naturels n’a pas seulement une plus grande tranquillité d’esprit générale. Vous construisez littéralement une architecture cérébrale plus saine.
Aujourd’hui, il est nécessaire d’évoluer vers une manière d’éduquer qui intègre activement la nature dans les processus d’apprentissage, en mettant davantage l’accent sur les expériences en plein air et sur l’environnement réel. Il est possible de rendre les deux mondes compatibles en profitant des heures de classe pour enseigner dans d’autres espaces que les salles de classe. Ajouter le contact avec la nature dans le cadre de l'apprentissage est un besoin soutenu par la science mais aussi par l'expérience de terrain, où nous avons vu dans la pratique que les garçons et les filles qui apprennent en plein air le font différemment, mieux et de manière plus saine. Si l’on sait que la nature calme, concentre et développe mieux le cerveau, continuer à le reléguer est une mauvaise décision. Il est urgent de retrouver ce lien avec la terre si nous voulons élever des garçons et des filles qui deviennent des adultes plus équilibrés, attentifs et heureux.