Trump reconnaît avoir parlé avec Maduro : « Je ne dirais pas que ça s'est bien ou mal passé. C'était un appel téléphonique »

Le président des États-Unis a confirmé ce dimanche aux journalistes voyageant à bord d'Air Force One avoir eu la semaine dernière une conversation téléphonique avec Nicolás Maduro, président du Venezuela, que les États-Unis considèrent comme le chef du cartel des Suns, une organisation que le Département d'État vient de classer comme organisation terroriste. « Je ne veux pas faire de commentaire. La réponse est oui », a reconnu Trump à son retour en avion après avoir passé quelques jours à Mar-a-Lago, sa propriété en Floride, où il s'évade le week-end pour jouer au golf.

La conversation téléphonique, annoncée vendredi dernier, a eu lieu en pleine escalade verbale et militaire entre les États-Unis et le Venezuela. Le président Trump a donné l’ordre de lancer une guerre contre le trafic de drogue en provenance d’Amérique latine. Son objectif principal est le Venezuela. La Maison Blanche considère ce pays des Caraïbes comme un narco-État et Maduro comme le chef d'un groupe criminel présumé appelé le cartel des Suns. Les autorités américaines n'ont fourni aucune preuve de ces accusations.

Un contact téléphonique pourrait ouvrir une voie diplomatique à un conflit de longue date. Lors du premier mandat de Trump, entre 2016 et 2020, il avait déjà menacé Maduro de prendre des mesures s'il ne renonçait pas au pouvoir. Trump considère le dirigeant vénézuélien comme un président illégitime après des irrégularités présumées lors de l'élection présidentielle de 2014.

Le président a minimisé le message qu'il a publié samedi sur Truth, son réseau social, à travers lequel il exprime ses opinions, dans lequel il mettait en garde contre la fermeture totale de l'espace aérien vénézuélien. « N'y accordez plus d'importance », a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé à ce sujet. Et il a prévenu que le commentaire sur la fermeture de l'espace aérien vénézuélien n'implique pas une attaque imminente de l'armée américaine sur le territoire du pays des Caraïbes. « Ne lisez rien entre les lignes », a-t-il insisté.

Le président Trump aime menacer l’idée d’une intervention militaire imminente. Jeudi dernier, lors de son discours de Thanksgiving, il en a profité pour avertir que les Etats-Unis commenceraient « très prochainement » à arrêter les « trafiquants de drogue » du Venezuela. « Sur terre, c'est plus facile », dit-il. « Nous les avons prévenus : arrêtez d'envoyer du poison à notre pays », a-t-il ajouté, en référence au trafic de drogue dont il accuse le régime chaviste.

Le 2 septembre, les États-Unis ont lancé l’opération Southern Spear contre les cartels du trafic de drogue. L’administration Trump place, sans preuve, l’épicentre de l’activité de ces prétendus groupes au Venezuela, un pays que la Maison Blanche considère comme un narco-État. Depuis lors, l'armée américaine a lancé 21 attaques contre des bateaux trafiquants de drogue naviguant dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique oriental, tuant 83 personnes. Ces opérations militaires, ordonnées par Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, n'ont bénéficié d'aucun soutien judiciaire ni de l'aval du Congrès américain.

Justement, la première de ces opérations va faire l'objet d'une enquête des deux chambres du Congrès des États-Unis pour soupçons de crimes de guerre. Selon les informations fournies par , le 2 septembre, un attentat à la bombe contre un bateau de drogue avec 11 membres d'équipage a eu lieu. Deux d'entre eux ont survécu au premier impact, mais, selon la publication américaine, une autre attaque a été ordonnée conformément aux directives du secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Il nie les accusations.

Le harcèlement du régime de Maduro par les États-Unis n’a pas beaucoup de précédents dans l’histoire. L’opération la plus proche a peut-être été l’opération visant à renverser le dictateur panaméen Manuel Antonio Noriega, en 1989. Même si les forces militaires américaines n’en sont pas encore là.

Le président Trump a toutefois ordonné le plus grand déploiement de troupes dans la région depuis des décennies. Des milliers de soldats sont prêts aux côtés du Venezuela, avec un soutien aérien et maritime. Il y a quelques semaines, le porte-avions le plus grand et le plus avancé de l'US Navy, l'USS Gerald R. Ford, a rejoint la mission, aux côtés d'autres navires de guerre. La pression sur le régime de Maduro est étouffante. Aux sanctions économiques s’ajoute le harcèlement militaire.