Le Kazakhstan, le pays le plus grand et le plus riche d'Asie centrale, rejoindra les accords d'Abraham qui, parrainés par la Maison Blanche, ont normalisé les relations entre les pays musulmans et Israël. L'annonce a été faite lors d'une réunion ce jeudi à la résidence présidentielle américaine entre Donald Trump et les dirigeants de cinq pays d'Asie centrale, pour sceller une série d'accords commerciaux – notamment sur les terres rares – et renforcer les relations avec les nations traditionnellement situées dans la zone d'influence de la Russie et avec lesquelles la Chine a noué des liens étendus au cours des deux dernières décennies.
Dans un message sur son réseau social Truth, Trump a annoncé avoir eu au cours des dernières heures une conversation avec le président kazakh, Kassym-Jomart Tokayev, auquel a été joint par téléphone le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
« Le Kazakhstan est le premier pays au cours de mon deuxième mandat à adhérer aux accords d'Abraham, le premier parmi tant d'autres. Cela représente un grand pas pour construire des ponts dans le monde », écrit le républicain. « Nous annoncerons bientôt une cérémonie de signature pour le rendre officiel, et de nombreux autres pays voudront rejoindre ce club de Fortaleza. »
Dans un communiqué, le gouvernement kazakh a confirmé sa volonté d'adhérer à ces pactes et a précisé qu'il en était à la dernière étape des négociations. « Notre adhésion tant attendue aux accords représente une continuation naturelle et logique de la politique étrangère du Kazakhstan, basée sur le dialogue, le respect mutuel et la stabilité régionale », a noté Astana.
Ce pays d’Asie centrale entretient déjà des relations diplomatiques et économiques complètes avec Israël, cette étape est donc avant tout symbolique.
Pour les États-Unis, l’adhésion du Kazakhstan est particulièrement importante pour donner un nouvel élan aux accords que Trump considère comme l’une des réalisations les plus importantes de son premier mandat, et pour encourager d’autres pays à s’y joindre après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu à Gaza.
Washington espère que l’Arabie Saoudite, chef spirituel des pays arabes, gardien des sites sacrés musulmans et grande puissance économique et diplomatique au Moyen-Orient, acceptera de rejoindre ces pactes. La guerre à Gaza a fait dérailler les négociations entreprises à ce sujet par l’administration du président Joe Biden.
Trump a été particulièrement insistant pour convaincre Riyad, même si les dirigeants saoudiens se sont montrés réticents tant que la voie vers la création d’un État palestinien n’était pas tracée. Le prince héritier saoudien et leader de facto de ce pays, Mohamed ben Salmane, prévoit de se rendre à Washington pour rencontrer le président américain le 18 à la Maison Blanche.
Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont signé des accords de normalisation avec Israël en 2020. Le Maroc a rejoint l’initiative quelques mois plus tard.
Les dirigeants de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, du Turkménistan, ainsi que du Kazakh Tokaïev, ont assisté ce jeudi à la réunion à la Maison Blanche, qui a débuté par une réunion à huis clos et s'est poursuivie par un dîner de gala. C'est la première fois que les cinq se réunissent à Washington pour être reçus par un président américain. Dans le passé, leurs régimes autocratiques avaient été sévèrement critiqués par les gouvernements précédents pour leurs violations des droits humains.