Le gouvernement envoie 1 600 soldats à Sinaloa pour renforcer la sécurité

Le gouvernement mexicain a envoyé jeudi 1.600 soldats à Sinaloa pour tenter de faire face aux cartels qui, ces dernières années, ont semé la terreur dans le territoire du nord, comme l'a rapporté le ministère de la Défense dans un communiqué. Les soldats se sont rendus dans la matinée à bord de quatre avions de l'armée de l'air mexicaine vers les villes de Culiacán et Mazatlán, deux territoires clés pour les opérations criminelles de ces groupes. Le déploiement comprend également la présence sur le terrain de 90 membres du Corps des Forces Spéciales.

« La mission spécifique du personnel déployé est d'agir en coordination avec les autorités des trois niveaux de gouvernement de l'entité », précise l'agence dans son écrit. Les militaires effectueront des tâches de « dissuasion, prévention et patrouilles » pour générer une atmosphère de tranquillité parmi les habitants des deux grandes villes de Sinaloa. L’annonce du secrétaire à la Défense intervient quelques heures après que la présidente Claudia Sheinbaum s’est entretenue pendant environ 40 minutes avec le président américain Donald Trump sur des questions de sécurité et de commerce. « Sur la question de la sécurité, nous sommes tous les deux d'accord sur le fait que nous nous en sortons très bien », a indiqué Sheinbaum lors de sa conférence matinale habituelle. Le républicain a qualifié l’entretien de « extrêmement positif » pour les deux pays.

L'envoi des troupes intervient après la journée de mercredi, ce qui reflète une partie de la terreur que connaît le territoire. En cela, le président du Mouvement Citoyen de Sinaloa, Sergio Torres, et la députée du même parti Elizabeth Montoya ont été blessés après une fusillade dans le centre de Culiacán ; et la société canadienne Vizsla Silver ont signalé un enlèvement massif de 10 mineurs dans la municipalité de Concordia, au sud de l'État.

Le cas des députés représente le dernier coup violent dans un territoire assiégé par la brutalité des cartels dans la capitale de Sinaloa. La forte crise d'insécurité a été alimentée après la reddition, fin juillet 2024, du chef historique du cartel de Sinaloa Ismael Zambada aux autorités américaines par Joaquín Guzmán López, l'un des fils de son partenaire Joaquín Guzmán. Cette reddition signifiait également la reddition du fils du capodastre à Washington. L'affaire a depuis conduit à un conflit interne au sein du groupe criminel historique, quelques heures après les violences manifestées entre la faction Los Mayos et celle de Los Chapitos.

La décision du gouvernement de Claudia Sheinbaum représente un autre tournant dans sa stratégie de sécurité nationale, qui, ces derniers mois, a eu un plus grand impact dans le Michoacán. L'assassinat traumatisant de l'ancien maire d'Uruapan Carlos Manzo, le premier jour du mois de novembre, a révélé la violence que connaît le Michoacán au reste du pays et a suscité un mécontentement national face à l'insécurité. L'Exécutif fédéral a ensuite promu une nouvelle tactique de sécurité du territoire qui, entre le 10 novembre et le 20 janvier, a conduit à l'arrestation de plus de 400 personnes, à la saisie de centaines d'armes et de milliers de précurseurs chimiques.