Pour parvenir à un accord large et durable, le projet de loi qui met fin au CAE (Crédit avec Garantie de l'État) et crée le FES (Financement de l'Enseignement Supérieur) nécessitait d'importantes modifications. En tant que gouvernement, nous avons fait preuve de flexibilité et d’esprit de dialogue, et c’est pourquoi nous nous sommes concentrés sur l’élaboration d’une proposition qui concrétise ces ajustements. Prenant comme horizon l'intérêt des familles, la viabilité financière des établissements d'enseignement supérieur et la responsabilité fiscale, l'Exécutif a proposé une série de modifications qui abordent les questions critiques identifiées dans le débat public et législatif, en intégrant de manière cohérente les précieuses suggestions du Conseil des recteurs et des différents acteurs qui façonnent le système d'enseignement supérieur.
À la lumière des observations importantes du Conseil Fiscal Autonome et du Contrôleur Général de la République, une partie de ces modifications visent à préciser la nature juridique et comptable du FES, en établissant l'obligation de rémunération à travers un contrat avec l'État qui permet de comptabiliser l'instrument comme un prêt. Ces ajustements préservent le principe de rémunération dépendante des revenus, l'un des aspects les plus appréciés par les citoyens, puisque l'engagement devient sensible aux conditions matérielles et aux trajectoires de vie des personnes.
Une limite claire en matière de rémunération est également fixée, ce qui évite des frais injustes. Cette modification va de pair avec la mise en place de mécanismes tels que le paiement anticipé volontaire, qui élargit les libertés et les options de planification financière personnelle et familiale de ceux qui sont en mesure de remplir leur engagement à l'avance.
Les indications incluent également la nécessité d'harmoniser avec une plus grande sophistication le financement public et la protection de l'autonomie et de la diversité institutionnelle au niveau supérieur. À cette fin, un régime de ticket modérateur différencié est proposé entre les institutions affiliées à Gratuity et celles qui participent uniquement au FES, alignant de manière appropriée les incitations du système sur la viabilité budgétaire du pays. De même, outre la réorganisation des bourses proposée par le projet, le maintien des avantages fiscaux liés au mérite académique et à la satisfaction d'objectifs publics pertinents, tels que la bourse d'excellence académique ou la vocation d'enseignant, sera assuré, en les étendant à toutes les institutions et pas seulement celles qui accèdent à la Gratuité et/ou à la FES.
De même, l'incorporation d'incitations à la mobilité entre les institutions et à la progression des études entre différents niveaux de formation est envisagée, favorisant la compatibilité de la formation professionnelle avec le dynamisme des biographies contemporaines. Dans le même ordre d'idées, les conditions d'accès aux emplois publics sont assouplies, pour aboutir à l'exigence de 10 semestres pour exercer en tant que professionnel dans les services de l'État ; À son tour, l'utilisation du FES permettra de financer des cours de troisième cycle articulés avec des plans de premier cycle de plus courte durée et d'une plus grande flexibilité. Cela devrait contribuer à promouvoir des parcours de formation dynamiques et garantir un placement professionnel en temps opportun et dans de meilleures conditions.
Après un travail acharné, les équipes techniques de l’opposition et du parti au pouvoir sont parvenues à construire une vision commune sur cette question. Nous sommes fiers de cet effort, qui exprime une vocation d'accords toujours précieuse et indispensable pour résoudre les problèmes majeurs du pays. Le moment est venu pour nous tous qui avons des responsabilités politiques de réaliser cette vision commune et d’éviter un endettement disproportionné pour les études, de promouvoir des carrières professionnelles qui enrichissent et soutiennent différents projets de vie et de sauvegarder la diversité institutionnelle au niveau supérieur à travers un système qui garantit l’utilisation efficace et responsable des ressources publiques.
Sortir du CAE et se diriger progressivement vers la FES est aujourd’hui une décision fondamentalement politique. Un nouveau système de financement des universités, fruit d’un consensus technique et politique large et étendu, ne sera pas seulement une excellente nouvelle pour les citoyens, la stabilité du système d’enseignement supérieur et la viabilité des finances publiques ; Cela nous permettra également de surmonter avec succès un débat politique et social qui dure depuis plus d’une décennie et qui, aujourd’hui, envisage enfin une voie vers une solution raisonnable pour toutes les parties intéressées, l’État, les institutions, les familles et, surtout, les étudiants du futur.