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L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin : « Les États-Unis se sont placés en dehors du droit international » et ont « légitimé les changements de régime par la force »

Dominique de Villepin, l'ancien Premier ministre français qui, en tant que ministre des Affaires étrangères, a dirigé l'opposition française à l'invasion américaine de l'Irak en 2003, a estimé dimanche dans un tweet que « l'opération militaire américaine en cours contre le Venezuela constitue un changement géopolitique majeur ».

Cette incursion place les États-Unis « volontairement et incontestablement en dehors du droit international en violant la charte et l’esprit des Nations Unies », analyse le diplomate, considéré comme une voix de la droite modérée mais souvent applaudie par la gauche pour ses positions critiques à l’égard des États-Unis, de l’impérialisme occidental ou de l’invasion israélienne de Gaza.

De Villepin souligne dans son analyse que l’incursion militaire au Venezuela est « lourde de conséquences pour l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale ». À leurs yeux, cela représente « la légitimation des changements de régime par la force. Aussi détestables que soient les gouvernements renversés, les précédents montrent que les changements de régime ne mènent ni à la démocratie ni à la paix, mais au chaos, à la guerre civile et à la dictature ».

L'ancien Premier ministre français donne ensuite comme exemples « la situation en Irak ou en Libye », qui sont tous deux devenus des États considérés comme en faillite après les interventions militaires étrangères respectives sur leurs territoires.

Le diplomate considère à son tour que cette attaque est la « légitimation des sphères d’influence impériales au nom du « corollaire Trump » de la doctrine Monroe formulée dans la stratégie de défense nationale de décembre 2025. »

« Par conséquent, lorsque les Etats-Unis s'émanciperont de la légalité, que dirons-nous à la Chine si elle renverse un régime qu'elle n'aime pas, en Corée, au Vietnam ou, plus encore, à Taiwan ? Quels arguments aurons-nous pour opposer à la Russie si elle renverse un gouvernement qu'elle n'aime pas en Moldavie, ou même dans les pays baltes ? » » demande De Villepin.

L’ancien chef de la diplomatie française conclut en recommandant que la France et l’Europe « réaffirment clairement, aux côtés des pays du Sud, leur adhésion aux principes du droit international ». Et il cite « la souveraineté des États et la sécurité collective ». Il prône également « la défense de l’ordre juridique des États-nations contre la collision brutale des empires ».