L'Espagne limoge son ambassadeur à Tel Aviv et réduit sa représentation diplomatique en Israël

L'Espagne a décidé de pérenniser le retrait temporaire de son ambassadeur en Israël. Le (BOE) publie ce mercredi le limogeage d'Ana Sálomon Pérez comme chef de la mission diplomatique à Tel Aviv. Le limogeage, convenu lors du dernier Conseil des ministres, signifie que l'Espagne laisse vacant le poste d'ambassadeur et abaisse sa représentation au niveau de chargé d'affaires. Cette décision, à laquelle le ministère des Affaires étrangères avait résisté jusqu'à présent, place l'ambassade d'Espagne en Israël dans la même situation que l'ambassade d'Israël en Espagne, gouvernée par un chargé d'affaires depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a retiré son ambassadrice, Rodica Radian-Gordón, en mai 2024, après la reconnaissance de l'État palestinien.

À son tour, Sálomon a été convoquée à des consultations en septembre de l’année dernière, pour protester contre les insultes du chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, qui a qualifié le gouvernement espagnol d’« antisémite », et depuis lors, elle est en Espagne. Son licenciement n'a aucun rapport avec sa direction, comme l'ont souligné des sources diplomatiques, et reflète la BOE elle-même, qui le remercie pour les services rendus. La décision, de nature politique, aggrave la crise diplomatique entre les deux pays et signifie que l'Espagne devra nommer un nouvel ambassadeur et demander l'approbation des autorités israéliennes lorsqu'elles souhaiteront normaliser les relations.

En revanche, la ministre de la Défense, Margarita Robles, a exclu que la frégate, arrivée ce mercredi à Chypre en escortant le porte-avions nucléaire français, l'accompagne dans sa nouvelle mission de réouverture du détroit d'Ormuz, annoncée par le président français Emmanuel Macron. « C'est une mission qui, si elle est évoquée par la France, est un problème pour la France, mais pour l'instant, au niveau international, elle n'a été soulevée ni au sein de l'OTAN ni dans l'Union européenne et, par conséquent, l'Espagne n'a rien à dire », a ajouté Robles, qui a ajouté que les forces armées espagnoles ne participeront jamais à une mission sans l'égide d'une organisation internationale.

Après avoir montré son respect pour les opérations que peut entreprendre la France, il a assuré que « la mission est ce qu'elle est : atteindre Chypre, comme nous y sommes arrivés, et être sur des missions de sécurité, de défense et de maintien de la paix ». Il a également exclu l'envoi de dragueurs de mines, compte tenu des nouvelles concernant l'exploitation minière du détroit d'Ormuz par l'Iran, affirmant que les navires de ce type de la marine espagnole opèrent déjà avec les flottes permanentes de l'OTAN. « Nous allons participer aux missions que nous effectuons et cela n'est pas prévu pour le moment », a-t-il souligné.

Le ministre de la Défense a justifié que l'envoi de la frégate à Chypre n'est pas soumis à l'approbation du Congrès en invoquant l'article 17.1 de la loi organique de la défense nationale de 2005, selon lequel, « pour ordonner des opérations à l'étranger qui ne sont pas directement liées à la défense de l'Espagne ou à l'intérêt national, le gouvernement procédera à une consultation préalable et obtiendra l'autorisation du Congrès des députés ». Il est ainsi tenu pour acquis que la protection du pays le plus oriental de l’UE est « directement » liée à l’intérêt national ou à la défense de l’Espagne.

Robles a visité le Commandement des opérations (Mops), depuis lequel il a tenu des vidéoconférences avec plusieurs contingents déployés à l'étranger. Il y a actuellement 4 512 militaires participant aux opérations de l’OTAN, de l’ONU ou de l’UE, un volume pratiquement sans précédent. La ministre a exprimé son inquiétude quant à la situation des près de 700 soldats espagnols déployés au sud du Liban, soumis aux bombardements continus et à une invasion terrestre des troupes israéliennes. Après s'être assuré que toutes les mesures de sécurité étaient adoptées, il a signalé qu'un avion A400M de l'Armée de l'Air a effectué avec succès un vol d'urgence vers Beyrouth, malgré la fermeture de son espace aérien, pour évacuer une soldate espagnole souffrant d'une grave maladie qui mettait sa vie en danger.