Emmanuel Macron : « Si nous voulons être spectateurs, nous serons vassaux »

Emmanuel Macron aborde la dernière ligne droite de sa présidence déterminé à jouer sa dernière grande carte sur la scène internationale. Dans une interview accordée à EL PAÍS et à un groupe de six journaux internationaux, Macron dresse un diagnostic inconfortable : l’ordre ancien s’effondre, les alliances ne sont plus fiables et l’Europe court le risque de devenir spectatrice de son propre déclin si elle ne suppose pas qu’elle est, dans une large mesure, seule.

Voici quelques-unes des clés de l’entretien :

  • « Nous, Européens, sommes confrontés à un énorme défi. » Macron évoque un scénario dans lequel les États-Unis ne garantissent plus la sécurité, la Russie cesse d’être un fournisseur d’énergie fiable et la Chine passe du statut de marché à celui de concurrent féroce.
  • « Sommes-nous prêts à devenir une puissance ? Il prévient que l'Europe réagit lentement et court le risque d'être « balayée » si elle continue à n'être qu'un marché exposé à tous les vents sans décider par elle-même.
  • « Le Mercosur est un mauvais accord. » Macron défend le commerce, mais avec des limites. Il appelle à exiger des producteurs non européens les mêmes normes que celles auxquelles se conforment les Européens pour éviter la désindustrialisation et les revers climatiques.
  • « Nous devons être conscients que la crise que nous vivons est une profonde rupture géopolitique. »
  • « Si nous voulons être spectateurs, nous serons vassaux. » Il résume par cette phrase son avertissement le plus sévère, à savoir que s’adapter passivement au nouvel équilibre mondial équivaut, pour l’Europe, à perdre son autonomie et son poids politique en quelques années.
  • « Nous sommes dans une instabilité permanente. » Le président français exclut tout soulagement durable après les récentes crises. Il y aura de nouvelles tensions commerciales, de nouvelles menaces et davantage d’incertitude.
  • « Je suis toujours respectueux et prévisible. Mais pas faible », a dit à propos de sa relation avec Trump.

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