Le jet d'une grenade sur un institut de beauté fait six blessés en France

Grenoble, ville autrefois paisible au pied des Alpes, est devenue ces dernières années l'un des épicentres du crime organisé en France. Ce vendredi après-midi, une explosion après le lancement d'une grenade sur un centre esthétique a fait six blessés légers, dont un enfant de cinq ans. « Le bilan provisoire est de six personnes blessées en relative urgence en raison de l'onde de choc de l'explosion ; elles ont été prises en charge sur place par les secours et n'ont pas été transférées à l'hôpital », a indiqué la préfecture de l'Isère, selon le journal.

Les faits se sont produits vers trois heures de l'après-midi. Plusieurs personnes sont entrées dans le magasin avant que l’une d’elles ne lance une grenade à l’intérieur. Les suspects ont alors pris la fuite. Le centre de beauté est situé au rez-de-chaussée d'un immeuble résidentiel à plusieurs étages et sa devanture a été détruite par l'explosion.

Ce qui est surprenant, c’est qu’il y a presque exactement un an, le 12 février 2025, une attaque similaire s’est produite. Un mineur de 17 ans, cagoulé et armé d'un fusil d'assaut, a lancé l'engin dans un bar du quartier de Villeneuve, une des zones contrôlées par les trafiquants de drogue. Ils l’ont payé pour « tuer des gens », dit-il lui-même. Échoué. Mais elle a fait 15 blessés, dont six très grièvement. Les impacts, ont souligné les agents de santé qui les ont soignés, semblent causés par une guerre. Quelques jours plus tard, l'un des chefs mafieux historiques de la ville a été assassiné alors qu'il conduisait sa voiture. Le même sort avait été réservé à un policier abattu devant l'hôtel de ville.

Grenoble, déjà connue par beaucoup pour son niveau de criminalité, a depuis 10 ans comme maire l'écologiste Éric Piolle, favorable à la légalisation des drogues.

La ville, prise en sandwich entre les Alpes françaises, représente un carrefour particulier en raison de sa proximité avec la frontière. Mais son développement urbain, plein de [barrios de protección oficial de los años setenta] construits après le processus de décolonisation de l'Algérie en 1968, et certains quartiers issus d'une certaine idée d'utopie collectiviste qui n'a jamais bénéficié d'un entretien adéquat, ont beaucoup de poids dans la prolifération de la criminalité. Notamment l'ancien Village olympique et Villeneuve, construits avant et après les Jeux d'hiver de la même année. Sa structure labyrinthique et aujourd’hui dégradée, près d’un demi-siècle plus tard, est devenue un lieu idéal pour l’activité des trafiquants de drogue.

Le Village Olympique de Grenoble a également été le théâtre d'un des tournants de l'histoire de cette ville. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 2010, Karim Boudouda est décédé après une course-poursuite dans le labyrinthe de ce quartier populaire et un échange de coups de feu avec la police.

Cela a conduit à trois jours d’émeutes, à un renforcement conséquent de la police et à un discours sécuritaire du président de l’époque Nicolas Sarkozy, connu aujourd’hui sous le nom de « discours de Grenoble », dans lequel, entre autres choses, il imputait la criminalité à l’échec de l’intégration des immigrés. Jamais un lien entre criminalité et immigration n’a été exprimé aussi directement par un dirigeant de la République qui, cinq ans plus tôt, alors ministre de l’Intérieur, avait qualifié de « canaille » les habitants d’une ville parisienne en révolte.

Au cours de la dernière décennie, la délinquance a augmenté dans la ville, passant de 14 016 en 2016 à 18 255 en 2019. Même si la délinquance a drastiquement diminué en 2020 en raison du confinement dû au coronavirus, elle a encore augmenté pour atteindre 16 371 délits en 2023, pour une population de près de 157 000 habitants. Les chiffres du trafic de drogue dans le département de l'Isère, dont il fait partie, sont plus révélateurs. Surtout l'augmentation de cette activité, avec 72% de plus en 2024, selon le rapport délinquance du ministère de l'Intérieur.