Que s'est-il passé ? Reconstitution visuelle de l'accident et des principales hypothèses

Deux trains à grande vitesse sont entrés en collision dimanche après-midi près d'Adamuz, au nord-est de Cordoue, avec 481 personnes à bord. Le déraillement a fait au moins 41 morts et plus d'une centaine de blessés.

Il Iryo 6189composé de huit voitures, avait quitté Malaga avec 294 personnes en direction de Madrid. Il Alvia 2384 venant de Madrid, il se rendait à Huelva avec 187 passagers dans quatre voitures.

L'accident s'est produit à 19h45, lorsque l'Iryo a envahi la voie adjacente, selon le directeur ferroviaire Adif. Ce véhicule circulait sur la voie 1 à l'entrée de la station technique d'Adamuz. À ce stade, il y a un changement d'aiguillesun mécanisme qui permet le déplacement des trains d'une voie à une autre. L'une des inconnues qui reste est de savoir si cet élément a joué un rôle dans l'accident.

À un moment donné, deux wagons Iryo ont quitté la voie, un déraillement dont les raisons sont encore inconnues. Le train de l'entreprise privée a envahi la voie adjacente, où l'Alvia arrivait à ce moment-là en provenance du nord, selon le dossier ouvert par la Commission d'enquête sur les accidents ferroviaires.

Les voies où circulaient les Alvia sont détruites à environ 100 ou 200 mètres au nord de l'aiguillage. Les vidéos enregistrées depuis un hélicoptère de la Garde civile après l'accident le montrent : ici, le déraillement s'est produit, la collision entre les deux trains, ou les deux.

L'Alvia qui circulait de Madrid à Huelva avait une vitesse légèrement supérieure à 200 kilomètres par heure, similaire à l'Iryo. Tous deux sont en dessous de la limite de vitesse de ce tronçon de route, qui est de 250 kilomètres par heure. Le convoi n'a pu éviter d'entrer en collision de la tête avec les deux derniers wagons Iryo qui ont envahi sa voie.

À la suite de l'impact, les deux premiers éléments de l'Alvia, transportant 53 passagers – 37 dans le premier et 16 dans le second – avancent de près de 200 mètres jusqu'à tomber sur une pente d'environ quatre mètres et heurter une paroi rocheuse parallèle à la voie. L'Iryo a continué à circuler sur sa voie jusqu'à la station technique d'Adamuz, les trois derniers wagons ayant déraillé. Les deux véhicules ont été arrêtés à environ 700 mètres.

Le tronçon de route sur lequel les convois se sont heurtés est une ligne droite. La ligne Madrid-Séville, où se trouve le point Adamuz, a été rénovée avec 700 millions d'euros d'investissement. Adif a signalé sur ses réseaux sociaux au moins huit incidents survenus à Adamuz au cours de l'année dernière.

Les photographies de ce lundi montrent l'Iryo, avec au moins trois wagons déraillés, devant la station technique d'Adamuz. Le véhicule est en circulation depuis moins de trois ans.

Les deux premières voitures de l'Alvia se sont retrouvées coincées dans la pente du côté droit de sa route. Les deux derniers sont restés sur les rails.

Outre les 41 décès, 39 personnes restent hospitalisées (35 adultes et quatre mineurs), dont 13 adultes en soins intensifs. L'accident d'Adamuz est le troisième accident ferroviaire le plus grave survenu en Espagne depuis les années 1970.